
Un client me contacte pour l’installation d’une borne de recharge pour ses véhicules lors de ma journée contact...
Un client me contacte lors de ma journée contact pour l’installation d’une borne de recharge pour ses véhicules électriques.
Très vite, nous convenons d’un rendez-vous chez lui afin d’analyser son installation électrique actuelle et d’étudier les solutions envisageables pour son projet IRVE.
Comme à chacune de mes visites, je vérifie le type de compteur électrique installé, le mode TIC et la puissance souscrite. Rien de bien méchant jusque-là. Je tente une mesure de terre sur une prise de courant… et tout saute ! Je recommence. Pareil. Je laisse cette mesure pour plus tard et me dirige vers le tableau de distribution électrique.
Et là…
🔴 DANGER IMMÉDIAT — Mise hors tension obligatoire
Carbonisation en tête de tableau
Traces de combustion importantes sur les conducteurs et les borniers/peignes en partie haute du tableau. Arc électrique probable. Risque incendie majeur. Le matériel endommagé — borniers, peignes, conducteurs — doit être remplacé avant toute remise sous tension. Une expertise approfondie de l’origine est requise.
🔴 Non-conformités graves
Disjoncteurs hors protection différentielle
Les deux DNX3 C20 positionnés en bas du tableau ne semblent rattachés à aucun interrupteur différentiel résiduel (IDR). Non-conforme NF C 15-100 §533 — mise sous DDR 30 mA obligatoire.
Parties actives accessibles
Absence de plastron : les conducteurs sous tension sont accessibles directement. Non-conforme §412.
Câblage désorganisé
Conducteurs non attachés, non repérés, en vrac dans le bas du tableau. Risque de court-circuit par contact. Non-conforme §526.
🟠 Non-conformités à corriger
Repérage des circuits
Étiquetage manuscrit, illisible sur plusieurs disjoncteurs. Schéma unifilaire absent ou non mis à jour. Obligation réglementaire §514.
Le client m’explique alors que c’est un « copain qui s’y connaît » qui lui a réalisé l’installation.
Je ne parle même pas ici des exigences de la norme NF C 15-100 — je parle de bon sens élémentaire. Le tableau est bourré comme un œuf. Les pontages des ajouts successifs sont réalisés avec du fil rigide 1,5 mm² — qui fond à 17 A — en lieu et place d’une barrette de jeu de barres supportant 63 A. Derrière ce pontage, une protection de 20 A pour le four… Et sur le troisième rang, deux disjoncteurs maintenus par du ruban adhésif faute d’un rail DIN correctement fixé.
Il y a eu un miracle.
Le client ne s’en était pas rendu compte, mais il est passé très près de la catastrophe. Un départ de feu — qui s’est éteint par miracle — avait déjà commencé dans son tableau électrique.
Et cerise sur le gâteau : comme l’installation a été réalisée par un « copain » en dehors de toute règle, en cas d’incendie de la maison, les assurances ne couvrent rien.
Que faire ?
Une mise en sécurité complète de l’installation s’impose avant tout autre travaux. On ne badine pas avec la vie des personnes.
Et vous — êtes-vous certain de dormir en sécurité ?



